« On ne peut qu’être frappé par la difficile émergence des études européennes dans la communauté historienne alors qu’elles ont depuis longtemps conquis leurs lettres de noblesse chez les juristes, les politistes ou chez les économistes. Cette lente progression s’est doublée d’une conquête inachevée d’une autonomie par rapport à ”l’école” des relations internationales, dans la lignée des travaux de Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle, dont elles constituent toujours un versant. Ce retard est certainement imputable au problème de l’ouverture des archives qui a handicapé pendant longtemps la recherche historique, mais il ne peut s’expliquer seulement par ce phénomène, qui touche tous les secteurs de l’histoire du temps présent, et d’autres raisons doivent être convoquées. La conception idéalisée, quasi téléologique, de l’écriture historienne qui a prévalu concernant l’intégration européenne porte peut-être une part de responsabilité, mais ne peut expliquer à la fois la difficile reconnaissance de ces questions européennes chez les universitaires français, et le désamour du public et du lectorat potentiel pour un domaine, qui selon les dires de nombre d’éditeurs, ne constitue pas un segment porteur. Du moins peut-on le constater lorsqu’il ne s’agit pas de question d’actualité, mais d’études européennes avec un amont historique...(Europe)