Concours 2017

Histoire

  • Sciences, techniques et société en France et dans le premier empire colonial français, de Jacques Cartier à Jean-François de La Pérouse (XVIe-XVIIIe siècles) (question nouvelle).
  • Etre républicain en France de 1870 à nos jours (Bibliographie).
  • Histoire et fiction (Bibliographie).

Géographie

  • Géographie des mers et des océans (question nouvelle)
  • La France : mutations des systèmes productifs (Biblio).
  • Représenter l’espace en géographie 

Concours 2016

 Histoire

  • Etre républicain en France, de 1870 à nos jours (Bibliographie).
  • Le projet européen de 1945 à nos jours : enjeux internationaux, adhésions, contestations (Bibliographie).
  • Histoire et fiction (Bibliographie).

Géographie

  • La France : mutations des systèmes productifs (Biblio).
  • Les mobilités humaines, étude géographique (Bibliographie).
  • Représenter l’espace en géographie.

Rapports de jury

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Epreuves d'admission

Quelques sujets d'entrainement pour l'épreuve d'admission :

Épistémologie

Recueil de textes

Bibliographie en didactique de l'histoire

 Histoire

"Sciences, techniques et société en France et dans le premier empire colonial français, de Jacques Cartier à Jean-François de La Pérouse (XVIe-XVIIIe siècles)" (question nouvelle).

Définitions

La Renaissance est un vaste mouvement intellectuel, littéraire, artistique et scientifique qui caractérise l’Europe du XVe et du XVIe siècles. Initiale­ment, le terme latin de rinàscita est utilisé par les contemporains de la période pour mentionner le renouveau des arts ; depuis le XIXe siècle, il est utilisé dans une acception plus large... La_Renaissance

Épistémologie

Histoire de la science moderne

Bruno Belhoste, Histoire de la science moderne, Paris, Armand Colin, 2016

Née en Europe au XVIe siècle, la science moderne est l’héritière des traditions savantes de l’Ancien Monde. Son essor est étroitement lié aux grandes mutations de l’époque moderne : développement des échanges et découverte du Nouveau Monde, divisions confessionnelles, formation des États modernes, émergence de nouvelles techniques... 

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S’appuyant sur les travaux les plus récents en histoire des sciences, ce livre explore les différentes facettes de cette histoire. Il retrace l’exploration du monde à la Renaissance, analyse ce qu’il est convenu d’appeler parfois la révolution scientifique, de Copernic à Newton, et décrit la place centrale occupée par les sciences dans le mouvement des Lumières. Il montre comment la science moderne a accompagné pendant trois siècles le processus de sécularisation qui caractérise la modernité.

Une république des sciences ?

Le siècle des Lumières a hérité de la notion de « République des Lettres », décrite aujourd'hui comme une sphère intellectuelle et sociale organisant la construction et la représentation des savoirs. Les scientifiques y constituent un groupe dont les pratiques s'autonomisent et s'instituitonalisent : est-ce suffisant pour parler d'une « République des Sciences » ? Si le terme est employé à l'époque par Condorcet par exemple, il reste pourtant une construction dépeignant un idéal non atteint, et l'« empire des sciences » est loin d'avoir des frontières, intenres ou externes, aisément repérables.

Une histoire sociale de la vérité

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Quelles sont les conditions nécessaires à l’existence d’un bien collectif comme le savoir ? Comment distinguer le vrai du faux ? Selon quels critères accorder sa confiance ? Dans Une histoire sociale de la vérité, Steven Shapin raconte comment la notion de « vérité scientifique » s’est constituée dans l’Angleterre du XVII siècle. Il recrée avec élégance l’univers des gentilshommes philosophes (Francis Bacon et Robert Boyle en tête) à une époque cruciale pour la science moderne. Il livre un tableau très vivant des relations entre culture mondaine et pratique scientifique. Les codes de conduite des gentilshommes d’alors prônant la confiance, la courtoisie, l’honneur et l’intégrité ont en effet fourni des solutions efficaces aux problèmes de crédibilité de la science, et garanti la fiabilité des connaissances sur le monde. À partir de ce récit historique détaillé, Steven Shapin discute plus largement de l’établissement du savoir factuel en science, mais aussi dans la vie quotidienne. Sa peinture des moeurs des gentilshommes philosophes lui permet d’illustrer l’affirmation selon laquelle la confiance est impérative dans la constitution de tout savoir, qui reste avant tout une entreprise collective. Un ouvrage devenu l’une des références internationales incontournables de la sociologie des sciences et des sciences sociales dans leur ensemble.

Les sciences studies

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Le livre présente, de façon systématique, le renouveau qu’ont connu l’histoire et l’étude des sciences (les Science Studies) depuis trente ans. Mettant en garde contre les batailles faciles et de peu d’intérêt entre « rationalistes » et « relativistes », Dominique Pestre nous introduit à la complexité des problèmes qui ont été soulevés et qui restent sans solutions simples. Montrant en quoi ce renouveau n’est pas propre à l’histoire et à l’étude des sciences, mais qu’il est vrai de l’ensemble des sciences sociales, il en étudie les conséquences. 

En termes épistémologiques, en revenant sur les grands classiques ; en termes économiques et sociaux, en analysant les intrications profondes entre les sciences, les techniques et les pouvoirs ; en termes historiques, en parlant de régime de production et de régulation des sciences en société ; en termes politiques, enfin, en revenant sur les débats contemporains autour des techno-sciences et de leurs effets.

Histoire de la science moderne de Bruno Belhoste

« En trois siècles, ce que nous appelons aujourd’hui ”la science” a pris en Europe un autre visage. Au début du XVIème siècle, l’Église exerce encore son plein contrôle sur les lettrés, dont la plupart appartiennent à l’univers des clercs. Les sciences, définies à la manière d’Aristote comme des connaissances certaines, sont intégrées dans l’édifice scolastique, couronné par la théologie. En même temps, l’héritage antique reste un modèle indépassable et les savoirs pratiques et artisanaux, s’ils existent, n’occupent qu’une place relativement accessoire malgré un dynamisme remarquable. À la fin du XVIIIème siècle, le tableau est tout différent. La République des lettres, entièrement laïcisée, étend son réseau sur l’Europe entière. Le monde savant, organisé et protégé par les pouvoirs séculiers, paraît avoir triomphé. L’ancienne philosophie naturelle a laissé place à une physique fondée sur l’expérimentation et les mathématiques, tandis que de nouvelles sciences se sont constituées, couvrant désormais tous les domaines des savoirs ou presque. La science forme le cœur du projet des Lumières, auquel elle fournit à la fois un argumentaire et des moyens d’application. Que l’entreprise scientifique puisse servir au perfectionnement des arts et à l’amélioration de la vie des hommes est désormais une conviction largement partagée.

Comment s’est effectuée cette grande transformation ? C’est ce que nous avons voulu retracer et expliquer dans ce livre. En premier lieu, la condition des hommes de savoir s’est profondément modifiée à l’époque moderne. La tendance générale a été à la différentiation du monde intellectuel, avec la fin du système scolastique qui caractérisait les universités. Des communautés d’intérêt, composées de lettrés, d’amateurs, d’administrateurs et de praticiens des métiers, se sont constituées autour de domaines et de thèmes spécifiques, par exemple les mathématiques, la géographie, la chimie, l’histoire naturelle ou l’anatomie. Ces regroupements hétérogènes, animés chacun par un projet, sont directement à l’origine de nos actuelles disciplines scientifiques. En même temps, les hommes de savoir ont trouvé de nouveaux publics, grâce, notamment, à l’invention de l’imprimerie et au développement de l’enseignement humaniste. Autant par intérêt que par passion, les nouvelles élites aristocratiques et marchandes ont manifesté dès la Renaissance une soif de connaissances et une curiosité remarquable, apportant leur soutien aux érudits et aux savants. Les États, de leur côté, ont eu besoin d’experts pour renforcer leur pouvoir et leur contrôle sur les peuples et les territoires, tant en Europe qu’outre-mer. À partir de la seconde moitié du XVIIème siècle, la science moderne s’est organisée sur ces bases, dans le cadre des académies et des sociétés savantes, avant de se diffuser très largement, par le livre, par l’enseignement et même par le spectacle, au cours du siècle suivant.

La science moderne a également apporté un bouleversement des représentations et des croyances, au moins pour la partie la plus éduquée de la société, certes encore limitée en nombre, mais largement dominante en termes d’influence et de richesse. Lorsque l’Europe chrétienne s’est divisée au début du XVIème siècle, plongeant pour longtemps dans la violence, le monde des humanistes et des érudits a été emporté par le torrent des controverses religieuses. Mais, en même temps, c’est de son sein qu’a été lancée l’entreprise de sape la plus radicale de la doctrine chrétienne, telle qu’elle avait été établie à la fin de l’Antiquité, puis au Moyen-âge. D’un côté, les Écritures saintes ont fait l’objet d’une lecture historico-critique, qui les a désacralisées. De l’autre, le système physico-théologique de la scolastique, laissé intact par les réformes protestantes, a été attaqué et renversé. Le géocentrisme a été abandonné, en dépit de la condamnation de Galilée, et la philosophie naturelle a été remplacée par la physique mécaniste dans sa version cartésienne, puis newtonienne. L’idée même de miracle et de providence a perdu ainsi de sa pertinence. Au Dieu personnel et incarné de la Révélation, est venu s’ajouter, sinon se substituer, un Dieu lointain et impersonnel, simple législateur et horloger du monde. La nature, autrefois divine et peuplée de forces occultes, a été réduite à une ressource inépuisable à exploiter. De créature, l’homme est devenu le démiurge de son destin. »

Bruno Belhoste, « Conclusion » in, Histoire de la science moderne, Paris, Armand Colin, 2016, pp. 271-272.

 

"Etre républicain en France de 1870 à nos jours"

Définitions :

Bibliographie

 Documentation :

 

 

 

 "Fiction et histoire"

Cette thématique est en vogue. Elle fait l’objet de nombreuses publications récentes et de travaux novateurs. La semaine de l’histoire lui a consacré une étude en 2009. Assez curieusement, l’association des deux termes se fait souvent dans ce sens : d’abord fiction et ensuite histoire. C’est toujours le premier terme qui donne le regard à porter sur le second. Donc regarder l’histoire par le prisme de la fiction. On pourrait croire de prime abord qu’il s’agit de termes antinomiques sur le fond car la fiction est une représentation qui constitue un monde autonome, ou du moins partiellement distinct du réel. L’histoire, quant à elle, est une représentation qui tente quant à elle de se rapprocher le plus possible du réel des sociétés passées. L’histoire raconte le monde en l’objectivant. En subordonnant la multiplicité des expériences individuelles à la causalité historique, elle se donne à lire comme le récit des événements significatifs du passé. 

La fiction, au contraire, raconte le monde tel qu’il est expérimenté par l’identité subjective. Les personnages de fiction nous donnent ainsi accès aux points aveugles de l’histoire. En laissant la parole à diverses sensibilités, la fiction dévoile sa portée critique, car elle permet de rendre compte de l’expérience de l’histoire. De même, nous ne pouvons que constater la différence de forme prise par ces deux formes discursives. La fiction caractérise toute œuvre narrative, littéraire ou même cinématographique alors que l’histoire se veut un discours qui dépasse le seul cadre artistique. Pourtant certains points semblent communs à ces deux approches. L’expérience imaginaire nourrit les deux formes de récit. L’intrigue peut servir de moteur à leurs productions. 

Les enjeux semblent se situer autour des notions de véracités et de vraisemblable. Pour être simple, voire simpliste, nous pourrions prendre la citation des frères Goncourt : « L’histoire est le roman qui a été ; le roman est de l’histoire qui aurais pu être » (Edmond et Jules Goncourt, Idées et sensations, Paris, Fasquelle, 1904, p. 147). C’est souvent sur ce seul aspect que les curricula de l’enseignement secondaire prennent appui. Pourtant, la question est plus complexe et renvoie notamment au processus de construction du récit tout en prenant en compte les décalages, les écarts, les fossés parfois entre le temps de l’histoire et celui de sa narration. Mais aussi de sa narration et celui de sa réception car pour reprendre Roland Barthes, ce dernier souligne « le divorce accablant de la connaissance et de la mythologie. La science va vite et droit en son chemin ; mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnantes dans l’erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs d’ordre ». Afin de démêler ces questions complexes, il convient de décomposer l’objet fictionnel selon une analyse dialogique prenant en compte des paradigmes autant scientifiques qu’artistiques. Les récents travaux d'Yvan Jablonka proposent une synthèse éclairée sur cette problématique. 

 

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« Peut-on imaginer des textes qui soient à la fois histoire et littérature ? Ce défi n’a de sens que s’il fait naître des formes nouvelles. L’histoire et la littérature peuvent être autre chose, l’une pour l’autre, qu’un cheval de Troie. Mon idée est la suivante : l’écriture de l’histoire n’est pas simplement une technique (annonce de plan, citations, notes en bas de page), mais un choix. Le chercheur est placé devant une possibilité d’écriture. Réciproquement, une possibilité de connaissance s’offre à l’écrivain : la littérature est douée d’une aptitude historique, sociologique, anthropologique.

Parce que, au XIXème siècle, l’histoire et la sociologie se sont séparées des belles-lettres, le débat est habituellement sous-tendu par deux postulats : les sciences sociales n’ont pas de portée littéraire ; un écrivain ne produit pas de connaissances. Il faudrait choisir entre une histoire qui serait ”scientifique”, au détriment de l’écriture, et une histoire qui serait ”littéraire”, au détriment de la vérité. Cette alternative est un piège.

En premier lieu, les sciences sociales peuvent être littéraires. L’histoire n’est pas fiction, la sociologie n’est pas roman, l’anthropologie n’est pas exotisme, et toutes trois obéissent à des exigences de méthode. À l’intérieur de ce cadre, rien n’empêche le chercheur d’écrire. Fuyant l’érudition qu’on jette dans un non-texte, il peut incarner un raisonnement dans un texte, élaborer une forme au service de sa démonstration. Concilier sciences sociales et création littéraire, c’est tenter d’écrire de manière libre, plus juste, plus originale, plus réflexive, non pour relâcher la scientificité de la recherche, mais au contraire pour la renforcer.

Car, si l’écriture est une composante incontournable de l’histoire et des sciences sociales, c’est moins pour des raisons esthétiques que pour des raisons de méthode. L’écriture n’est pas le simple véhicule de ”résultats”, elle n’est pas l’emballage qu’on ficelle à la va-vite, une fois la recherche terminée ; elle est le déploiement de la recherche elle-même, le corps de l’enquête. Au plaisir intellectuel et à la capacité épistémologique s’ajoute la dimension civique. Les sciences sociales doivent être discutées entre spécialistes, mais il est fondamental qu’elles puissent aussi être lue, appréciées et critiquées par un public plus large. Contribuer, par l’écriture, à l’attrait des sciences sociales peut être une manière de conjurer le désamour qui les frappe à l’université comme dans les librairies.

En deuxième lieu, je souhaite montrer en quoi la littérature est apte à rendre compte du réel. Tout comme le chercheur peut incarner une démonstration dans un texte, l’écrivain peut mettre en œuvre un raisonnement historique, sociologique, anthropologique. La littérature n’est pas nécessairement le règne de la fiction. Elle adapte et parfois devance les modes d’enquête des sciences sociales. L’écrivain qui veut dire le monde se fait, à sa manière, chercheur.

Parce qu’elle produisent de la connaissance sur le réel, parce qu’elles sont capables non seulement de le représenter (c’est la vieille mimèsis) mais de l’expliquer, les sciences sociales sont déjà présentes dans la littérature – carnets de voyage, mémoires, autobiographies, correspondances, témoignages, journaux intimes, récits de vie, reportages, toux ces textes où quelqu’un observe, dépose, consigne, examine, transmet, raconte son enfance, évoque les absents, rend compte d’une expérience, retrace l’itinéraire d’un individu, parcourt un pays en guerre ou une région en crise, enquête sur un fait divers, un système mafieux, un milieu professionnel. Toute cette littérature révèle une pensée historienne, sociologique et anthropologique, forte de certains outils d’intelligibilité : une manière de comprendre le présent et le passé.

Voici donc les questions auxquelles ce livre tente de répondre :

-  Comment renouveler l’écriture de l’histoire et des sciences sociales ?

-  Peut-on définir une littérature du réel, une écriture du monde ?

Ces questions convergent vers une troisième, plus expérimentale : Peut-on concevoir des textes qui soient à la fois littérature et sciences sociales ?

On réfléchit à la manière d’écrire l’histoire depuis que l’histoire existe. Il y a deux siècles et demi, Voltaire observait qu’on en a tant dit sur cette matière, qu’il faut ici en dire très peu. On s’est moins demandé ce que les sciences sociales apportaient à la littérature et ce que la littérature faisait aux sciences sociales. La raison en est que ces dernières sont relativement jeunes. Depuis le début du XXème siècle, l’histoire et la sociologie forment une ”troisième culture”, entre les lettres et les sciences dites exactes. Les guerres mondiales et les crimes de masse ont aussi changé la donne : histoire, témoignage, littérature n’ont plus la même signification depuis 1945.

Ce livre traite de la littérature perméable au monde, de l’histoire-science sociale, épistémologie dans une écriture. L’histoire est plus littéraire qu’elle le veut ; la littérature plus historienne qu’elle le croit. Chacune est plastique, riche d’extraordinaires potentialités. Depuis quelques années, les initiatives fleurissent de toutes parts, dans des revues, dans des livres, sur Internet et au sein de l’université. On sent un immense appétit, du côté des chercheurs, des écrivains, des journalistes, et une immense attente, du côté des lecteurs.

Cela ne revient pas à dire que tout est dans tout. Il y a les sciences sociales, il y a la littérature : la ligne de démarcation existe. Si, comme le dit Philip Roth, l’”écrivain n’a de responsabilité envers personne”, le chercheur est au moins responsable de l’exactitude de ce qu’il affirme. Je souhaite simplement mener une réflexion sur les genres, pour voir si la ligne de démarcation ne pourrait pas devenir un front pionnier. Explorer une piste, non asséner une norme ».

Ivan Jablonka, L’histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Paris, Le Seuil, 2014. 

 

Fiction et politique

« L’historiographie est généralement le privilège des régimes dominants. Ainsi, de plusieurs histoires une seule est officiellement conservée, commémorée et enseignée. Sa consécration permet de justifier l’ordre établi et de faire taire les mémoires dissidentes. Toutefois, en mettant en scène la volonté des mémoires qui persistent à se souvenir au-delà de la pression exercée par des représentations triomphantes, la fiction crée une brèche dans l’homogénéité de l’histoire. Les fictions construites à partir de la remémoration d’un passé proscrit, de la magnification de défaites cuisantes ou encore de la déconstruction de mythes héroïques participent à l’émergence et à la catharsis des contre-histoires.

Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, dans son article intitulé ”Entre Histoire, fiction et tragédie : Les Don Pedre de Voltaire”[1], se saisit de l’utilisation du personnage de Don Pedre par Voltaire afin de mettre à mal l’aspect idéologique de l’histoire. Elle ajoute que le combat de Voltaire est méthodologique ; c’est pourquoi il ”procède à une déconstruction des personnages les plus célèbres et les plus révérés par la légende en les situant dans un contexte dépréciatif” (p. 164) de façon à dénoncer l’instrumentalisation politique des faits historiques.

Dans ”Comment (re)présenter un échec national ?”, Zbigniew Przychodniak propose une lecture critique des chroniques lyriques de la révolution polonaise. Les témoignages historiques des ”poètes-soldats” qui ont participé à ce soulèvement étaient marqués par un fort désir de reprogrammer une mémoire collective marquée par la déconfiture de l’insurrection. Toutefois, indique Przychodniak, les représentations mises de l’avant par les écrivains romantiques de l’époque auraient davantage participé à l’élaboration d’une utopie historique ou encore à ”un mythe héroïque de l’insurrection” (p. 174) qu’à la formation d’un récit historique.

Dans ”L’histoire, la fiction et la faute”, Michael A. Soubbotnik reprend la nouvelle de l’écrivain américain Nataniel Hawthorne, intitulée ”Roger Malvin’s Burial”[2], afin de penser la problématique de la représentation du mensonge historique. Selon Soubbotnik, la fiction serait ici mobilisée de manière à corriger la représentation mensongère de la Conquête de l’Ouest. Le reversement de la représentation héroïque de la genèse américaine redéfinirait ainsi l’Amérique comme ”une nation ordinaire, c’est-à-dire nécessairement coupable” (p. 190).

L’article ”Qui dit vrai ? Ahmadou Kourouma ou l’histoire ironique”, de Brigitte Dodu, approfondit la problématique de la représentation historique de l’Afrique post-coloniale. Longtemps considérée comme un monde anhistorique, l’Afrique fut animée, lors de la deuxième moitié du XX siècle, par ”un puissant désir de réparation” (p. 195). Dénonçant l’histoire universelle occidentale, plusieurs intellectuels africains ont préféré la littérature à l’historiographique classique pour représenter l’historicité du peuple africain. Ainsi, l’œuvre de Kourouma, en mettant en scène le heurt de deux ”cosmologies irréconciliables”, tente de déboulonner le mensonge occidental selon lequel l’Afrique serait sans passé et sans histoire.

Marianne Bloch-Robin, dans ”La Cousine Angélique de Carlos Saura[3] ou la mémoire salvatrice”, aborde diverses problématiques soulevées par la mémoire des vaincus de la Guerre Civile espagnole. En soutenant que le travail de remémoration est à la base de la refonte de l’histoire, Bloch-Robin avance que la force du film de Saura est de marquer ”l’omniprésence du passé dans le présent” (p. 213). En déjouant la censure du régime franquiste, la fiction a donc permis d’affirmer la présence d’une contre-histoire qui, à ce moment, n’aurait pu émerger autrement ».

G. Séginger et Z. Pryzchodniak (dir.), Fiction et histoire, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, coll. « Formes et savoirs », 2011, 304 p. Compte-rendu de Christian Guay-Poliquin Université du Québec à Montréal.


[1] « Don Pedre, plus connu sous le nom de Pierre le Cruel, naquit à Burgos en 1334 et mourut à Montiel en 1369. Il fut l'allié d'Alphonse IV de Portugal contre les Maures et roi de Castille et de León de 1350 à 1369, en dépit de diverses révoltes dont celle menée par son demi-frère Henri de Transtamare (1333-1379) qui revendiquait le trône. Il eut comme allié Édouard, prince de Galles qui l'aida à remporter la victoire de Najera sur son demi-frère et sur Du Guesclin en 1367, mais fut battu et assassiné à Montiel par son frère qui lui succéda sous le nom de Henri II dit le magnifique et régna de 1369 à 1379. Voltaire s'intéresse à la figure contrastée de Don Pedre, sorte de Janus moral de l'histoire espagnole, bien avant les premières ébauches de sa tragédie, dans l'Essai sur les mœurs, au chapitre LXXVII, intitulé : "Du Prince Noir, du roi de Castille, Don Pedre le Cruel et du connétable Du Guesclin". La tragédie, qui ne fut pas représentée, est l'occasion, ainsi que les paratextes (Épître à d'Alembert, Discours historique et critique et Fragment) d'une réhabilitation du souverain castillan en s'appuyant sur une réflexion plus vaste sur l'esprit partisan et nationaliste des historiens, l'absence de sources, la substitution de la fable à la vérité historique, bridée par le pouvoir et la censure. Mais au-delà de la politique, la pièce propose une méditation pessimiste sur un monde qui s'achève » (http://lis.u-pec.fr/publications/don-pedre-extrait-de-oeuvre-completes-de-voltaire--472556.kjsp).

[2] « Following Lovewell’s Fight (Hawthorne uses the name Lovell's Fight) in 1725, two survivors of the battle struggle to return home. Roger Malvin and Reuben Bourne are both wounded and weak, and they have little hope that they will survive. They rest near a rock that resembles an enormous tombstone. Malvin, a much older man, asks Reuben to leave him to die alone, since his wounds are mortal. Reuben insists that he will stay with Malvin as long as he remains alive, but the old man knows that this would mean death for both of them. Malvin convinces Reuben to leave.Reuben survives. Because he has not honored his promise to bury the old man, he is not at peace. His unease is exacerbated by his failure to tell his fiancée, Dorcas (Malvin's daughter) that he left her father to die. Reuben is considered a brave man by his compatriots, but inside he feels that he has failed them. Dorcas and Reuben marry, but Reuben's guilt-induced moodiness renders him unfit for normal society. Many years later, when Reuben and Dorcas's son is already grown, Reuben decides that they will move away from the town and settle on a piece of land by themselves. They travel through wilderness. While encamped, Reuben and his son wander into the forest while Dorcas prepares a meal. They become separated. Reuben thinks he hears a deer in the brush and fires his gun, but discovers that he has killed his own son. As he observes the terrain, he realizes it is the same place where he had left Roger Malvin many years before » (https://en.wikipedia.org/wiki/Roger_Malvin).

[3] La Cousine Angélique (titre original : La prima Angélica) est un film espagnol réalisé par Carlos Saura en 1973. Synopsis : Luis, célibataire d'une quarantaine d'années, fixé à Barcelone, revient à Ségovie assister au transfert, dans le caveau de famille, des dépouilles de sa mère, décédée vingt ans auparavant. Il loge chez sa tante Pilar, mère de la cousine Angélique qui, au cours des années de guerre civile, fut sa compagne de jeux et la première fille dont il fut amoureux. À présent, celle-ci est la mère d'une fillette pareillement dénommée et qui lui ressemble singulièrement. Le mari d'Angélique, un promoteur immobilier, offre, aux yeux de Luis, des traits de caractère proches de celui du père de sa cousine. Or, ce dernier était alors particulièrement redoutable et Luis se rappelle maintenant une promenade effectuée avec Angélique qui lui valut un sévère châtiment. Désormais, « les pesanteurs du passé envahissent progressivement l'esprit de Luis » (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cousine_Angélique).

 

Fiction et histoire selon Zola

« Ici, l’écrivain n’est encore qu’un homme de science. Sa personnalité d’artiste s’affirme ensuite par le style. C’est ce qui constitue l’art. On nous répète cet argument stupide que nous ne reproduisons jamais la nature dans son exactitude. Eh ! sans doute, nous y mêlerons toujours notre humanité, notre façon de rendre. Seulement, il y a un abîme entre l’écrivain naturaliste qui va du connu à l’inconnu, et l’écrivain idéaliste qui a la prétention d’aller de l’inconnu au connu. Si nous ne donnons jamais la nature tout entière, nous vous donnerons au moins la nature vraie, vue à travers notre humanité ; tandis que les autres compliquent les déviations de leur optique personnelle par les erreurs d’une nature imaginaire, qu’ils acceptent empiriquement comme étant la nature vraie. En somme, nous ne leur demandons que de reprendre l’étude du monde à l’analyse première, sans rien abandonner de leur tempérament d’écrivain.

Existe-t-il une école plus large ? Je sais bien que l’idée emporte la forme. C’est pourquoi je crois que la langue s’apaisera et se pondérera, après la fanfare superbe et folle de 1830. Si nous sommes condamnés à répéter cette musique, nos fils se dégageront. Je souhaite qu’ils en en arrivent à ce style scientifique dont M. Renan fait un si un grand éloge. Ce serait le style vraiment fort d’une littérature de vérité, un style exempt du jargon à la mode, prenant une solidité et une largeur classiques. Jusque là, nous planterons des plumets au haut de nos phrases, puisque notre éducation romantique le veut ainsi ; seulement, nous préparerons l’avenir en rassemblant le plus de documents humains que nous pourrons, en poussant l’analyse aussi loin que nous le permettra notre outil.

Tel est le naturalisme, ou, si ce mot effraie, si l’on trouve une périphrase plus claire, la formule de la science moderne appliquée à la littérature. »

Émile Zola, La Curée, chap. II.

Bibliographie

Semaine de l’histoire 2009 : Histoire et fiction

Ecole normale supérieure - Archives

En 1890, Poincaré présente son grand théorème sur l'imprédictibilité de certaines dynamiques physiques comme "résultat négatif" ; il constitue en fait un passage important pour la compréhension de l'aléatoire classique.

http://www.diffusion.ens.fr

Documentation :

Nouveau : Fiction et histoire

Revue Vingtième siècle (2011) :

Les Annales (2010) :

 Le Débat (2011)

"Le projet européen de 1945 à nos jours : enjeux internationaux, adhésions, contestations"

« On ne peut qu’être frappé par la difficile émergence des études européennes dans la communauté historienne alors qu’elles ont depuis longtemps conquis leurs lettres de noblesse chez les juristes, les politistes ou chez les économistes. Cette lente progression s’est doublée d’une conquête inachevée d’une autonomie par rapport à ”l’école” des relations internationales, dans la lignée des travaux de Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle, dont elles constituent toujours un versant. Ce retard est certainement imputable au problème de l’ouverture des archives qui a handicapé pendant longtemps la recherche historique, mais il ne peut s’expliquer seulement par ce phénomène, qui touche tous les secteurs de l’histoire du temps présent, et d’autres raisons doivent être convoquées. La conception idéalisée, quasi téléologique, de l’écriture historienne qui a prévalu concernant l’intégration européenne porte peut-être une part de responsabilité, mais ne peut expliquer à la fois la difficile reconnaissance de ces questions européennes chez les universitaires français, et le désamour du public et du lectorat potentiel pour un domaine, qui selon les dires de nombre d’éditeurs, ne constitue pas un segment porteur. Du moins peut-on le constater lorsqu’il ne s’agit pas de question d’actualité, mais d’études européennes avec un amont historique.

L’institutionnalisation de ces questions européennes a connu bien des vicissitudes : l’inscription des thématiques européennes dans les cursus universitaires, au début des années 1960, s’est d’abord déroulée au sein de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), car elle n’était pas à l’époque envisageable dans une université française. Certes, il convient bien évidemment de le signaler, quelques historiens s’y intéressaient déjà, et bien sûr en premier lieu Jean-Baptiste Duroselle, qui fut le premier à entamer une réflexion sur l’unité européenne dès 1952, complétée par son ouvrage en 1965 sur L’Idée d’Europe dans l’histoire. Il convient de lui associer Pierre Gerbet, pionnier lui aussi de l’histoire des constructions européennes, qui bénéficia du soutien constant de Jean-Baptiste Duroselle dans ses initiatives. Pierre Gerbet a mis sur pied le premier cours de politique européenne, en 1964, à l’IEP. Existaient déjà à cette époque un cours de droit européen dispensé par le professeur Reuter et un d’économie européenne. Mais rien sur la politique d’unification européenne ! Ce cours, souhaité par le directeur de l’époque Jacques Chapsal et doublé d’un séminaire, attira et forma nombre d’étudiants venus des différentes sections et pas seulement des relations internationales. Dans les années 1970, les études étaient encore très parcellaires et orientées par les historiens des idées politiques vers une réflexion sur l’origine du mouvement européiste et du mouvement fédéraliste. Cette tendance très en vogue chez les chercheurs italiens, souvent acquis aux idéaux fédéralistes, et chez certains chercheurs allemands (Walter Lipgens), aboutissait à un paysage de la recherche un peu émietté, même si les contacts étaient noués entre Français, Italiens et Allemands. Stimulés par l’ouverture progressive des archives et les réflexins (au premier rang desquelles celles d’Alan Milward) sur la dialectiques entre approches nationales, défense des intérêts nationaux et leur instrumentalisation dans une construction supranationale, les historiens se sont mis en ordre de marche. Au début des années 1980, les archives communautaires de la CECA venaient en effet d’être déposées à l’institut universitaire de Florence (IUF) et les archives nationales allaient tomber dans le domaine public.

Le grand tournant fut pris donc en janvier 1982, lorsqu’à l’initiative de la Commission européenne, se réunit à Luxembourg un grand colloque d’historiens sur l’Europe. La liste des invités était impressionnante : parmi les 80  participants les professeurs Duroselle, Gerbet, Girault, Kaspi, Poidevin, Roth, Vaïsse pour la France, Joseph Becker, Walter Lipgens pour l’Allemagne, Enrico Serra, Di Nolfo pour l’Italie, Alan Milward pour l’Angleterre, Gilbert Trausch pour le Luxembourg… C’est à la suite de cette réunion scientifique et dans la perspective de l’ouverture des archives pour le 30ème anniversaire de la création de la CECA que se constitua le Groupe de liaison des historiens auprès des Communautés européennes. Composé de 12 membres fondateurs, ce groupe avait pour finalité de promouvoir la recherche sur l’histoire européenne et de mobiliser des jeunes chercheurs sur de nouvelles thématiques qui devaient faire l’objet de futurs grands colloques. Le groupe bénéficia du soutien actif du secrétaire général de la Commission, Emile Noël, et de la responsable de la Division de l’information universitaire et de la jeunesse, Jacqueline Lastenouse, qui fut à l’origine ensuite de la création des chaires Jean Monnet. Toute une série de grands colloques restés dans les mémoires historiennes a ponctué l’activité de ce groupe et balisé en quelque sorte de nombreuses pistes de la recherche. On peut ainsi citer l’Histoire des débuts de la construction européenne (mars 1948-mars 1949) organisé par Raymond Poidevin à Strasbourg en 1984, Les Débuts du plan Schuman (1950-1951) sous la direction de Klaus Schwabe, en 1986, à Aix-la-Chapelle, L’intégration européenne du plan Schuman aux Traités de Rome. Projets et initiatives, déceptions et échecs, sous la direction de Gilbert Trausch à Luxembourg, en 1989, et le colloque qui est resté la référence, La relance européenne et les traités de Rome, en 1987, à Rome sous la direction d’Enrico Serra. Ce colloque de Rome fit date en raison de la participation de témoins et d’acteurs de l’époque, pratique qui n’était pas aussi courante qu’aujourd’hui. Il a, en outre, totalement renouvelé l’histoire des négociations des traités de Rome et de la relance européenne.

Au milieu des années 1980, le Groupe de liaison lança sa Revue d’histoire de l’intégration européenne (”Journal of European Integration History”), trilingue (anglais, allemand, français), plus ouverte aux jeunes chercheurs et qui constitua progressivement un pôle européen pour les historiens dont la qualité fut indéniable. Elle fut en tout cas la première à se consacrer uniquement à l’histoire de la construction européenne. Tout ce mouvement a généré des réseaux d’historiens européens : en 1987, par exemple, on vit les Associations universitaires des études européennes des pays membres se regrouper dans une structure européenne ECSA – Europe ou European Community Studies Association. Cette structure organisa de nombreux colloques pluridisciplinaires. Tout cela fut développé dans les années 1980. Dans les années 1990, le mouvement s’est ralenti et le rythme des colloques a un peu faibli. En 1993, sous la direction de Michel Dumoulin eut lieu, à Bruxelles, un colloque sur Plans de guerre pour l’Europe d’après guerre, puis en 1997 Alan Milward et Anne Deighton ont organisé à Oxford un colloque Elargissement, approfondissement et accélération et Wilfried Loth un autre à Essen en 1999, sur Crises et compromis de 1963 à 1969. Dans les années 2000, des séquences chronologiques spécifiques font l’objet de colloque (en 2002, sous l’égide d’Antonio Varsori Acteurs et politiques sur la période 1957-1972) ou encore en 2004 Marie-Thérèse Bitsch et Gérard Bossuat étudièrent L’Europe unie et l’Afrique, de l’idée de l’Eurafrique à la convention de Lomé 1. Tous ces colloques sur les temps forts de la construction européenne ont fait l’objet de publications comportant une série de treize volumes.

Les thématiques de recherche se sont ensuite diversifiées grâce aux initiatives de René Girault : en 1989, il décida de fonder un vaste projet de recherche sur Identité et conscience européennes au XXème siècle où l’approche politique et diplomatique pratiquée jusque-là se trouvait associée à l’analyse des structures sociales et des mentalités. Ce vaste programme associa dans un premier temps des historiens de nombreux pays d’Europe occidentale, puis d’Europe centrale. Un vaste réseau transnational se constitua, composé de sous groupes thématiques travaillant sur des sujets considérés comme vecteurs d’une européanisation progressive des identités. Ainsi furent mis sur pied des groupes sur l’étude des cercles économiques, des élites politiques et intellectuelles et des opinions publiques, des espaces frontaliers, des mémoires de guerre, des phénomènes religieux ou encore de l’histoire et des historiens de l’Europe au XXème siècle… Les résultats de ces recherche ont été publiés sous la direction de Robert Frank, qui avait pris la succession de René Girault à l’Université de Paris 1, en 2004 aux Presses de la Sorbonne. Au début des années 2000, le groupe Identités poursuivit son cheminement en lançant un programme consacré aux Temps et histoire de l’Europe.

L’atmosphère et l’esprit qui avaient présidé à la célébration du 30ème anniversaire du Traité de Rome ne se retrouva pas lors du 50ème anniversaire, où les historiens s’efforcèrent de faire un point sur leurs recherches : tous les témoins remarquèrent que la cérémonie n’avait pas le même lustre et n’avait plus rien à voir avec l’atmosphère de 1987, où les milieux universitaires entretenaient des relations privilégiées avec les principaux acteurs de la politique d’information de la Commission européenne. Toutefois, il convient de signaler le succès des chaires Jean Monnet notamment pendant les années 1990 : de 1989, date de leur lancement, à 2000, 491 chaires ont été créées dans les pays membres ainsi que 1500 cours et modules Jean Monnet et 200 aides diverses à la recherche et au lancement d’initiatives européennes dans toutes les universités.

La discipline historique a fini par reconnaître les études européennes en inscrivant, en 2007, aux concours de recrutement de l’enseignement secondaire (CAPES-Agrégation) comme question d’histoire contemporaine Penser et construire l’Europe de 1919 à 1992 ; ce retard est éminemment révélateur car si au début de cette aventure, les travaux utilisables étaient trop partiels, depuis des années la bibliographie à disposition est tout simplement considérable.

Comme l’écrit Antonio Varsori, le problème reste entier entre les partisans de l’autonomie de l’histoire de l’intégration européenne et les tenants d’une perspective plus large et plus globale. Un point est sûr toutefois, c’est en conjuguant les regards et grâce aux apports combinés de l’histoire, de la science politique ou encore de l’économie, et tout en gardant les spécificités de chacune de ces spécialités académiques, que les études européennes pourront encore progresser ».

Christine Manigand, « Europe », in Claude Gauvard et Jean-François Sirinelli, Dictionnaire de l’historien, Paris, PUF, 2015.

Recueil de documents

Quelques définitions pour entrer dans la thématique

Revue Parlement(s) (2007)

"La guerre en Europe au XXème siècle" 

de-la-grande-guerre-au-totalitarisme

La violence : La violence

Témoignages, mémoire et histoire : Témoignages, mémoire et histoire

Mémoire et histoire (documents) : Recueil de documents

Les balkans : Les balkans poudrière du XX siècle

L'Europe et les guerres coloniales : L'Europe et les guerres coloniales au XX siècle

Les guerres civiles en Europe : Les guerres civiles en Europe

 

 

 

La violence au XXème siècle (Journée d'étude organisée par l'Université de Stanford, 21 mars 2011)

Capture d’écran 2015-04-04 à 17

- "Les mots et les actes", Jean-François Sirinelli : Les mots et les actes

- "Enlightenment and Violence", Keith Michael Baker : Enlightenment and Violence

- "Les pogroms des guerres civiles russes (1918-1921), Nicolas Werth : Les pogroms des guerres civiles russes

- "Histoire du combat, histoire du corps", Stéphane Audoin-Rouzeau : Histoire du combat histoire du corps

- "Un indicateur de la nazification de la Wermacht en France en 1940", Un indicateur de la nazification

 

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Géographie

 "Les mobilités humaines, étude géographique"

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Bibliographie

Approche notionnelle

 

 

 

  

"La France et ses régions en Europe et dans le Monde"

Cours_1 : Le territoire français, permanences et mutations.

Cours_2 : La place de la France en Europe et dans le Monde.

Sujet : Le territoire français face l'intégration européenne et à la mondialisation.

Cours_3 : Aménagement du territoire

Complément_sujet : "Crises ou mutations des espaces ruraux"

Croquis de synthèse : Croquis

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Croquis de synthèse : Croquis

2 sujets avec documents

 

"Les Suds dans la mondialisation".74241bcb_a6c3_4941_9004_7e40ecb731b7

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